Google+ Margaud cuisine mais préfère dîner en ville

vendredi 27 mars 2020

Astreinte - J10

Techniquement, je suis maintenant d'astreinte.
Cela fait trois (longs) jours qu'on s'organise avec un hôpital local pour faire les prélèvements dans les EHPAD ou chez les personnes contaminées. Autant donné que nous sommes en troisième ligne, l'organisation nous échappe. Et des questionnements apparaissent surtout vis à vis de la gestion centralisée de l'hôpital de référence : à quoi bon fatiguer une équipe mobile à faire des prélèvements là nous serions plus prêt et aussi bien équipés. Mais comme notre département est encore très épargné, cette gestion au jour le jour est possible.

Capillaire
Cela fait un bon moment que je me fais livrer mes lames de rasoir. Marre de payer des lames trop chères dont une partie de notre argent part dans des campagnes de pub. Sauf que ma star-up livre par la poste. Et les lames se font attendre. La tondeuse électrique à blanc sert donc aussi de rasoir à barbe.
Si cela se généralise, les esthéticiennes auront beaucoup de travail en sortie de crise.




mardi 24 mars 2020

au taf - J7

J6 ressemblant à J5, on est resté coi.
J7, fut différent. 
Passage à la Pharmacie, entre autre , pour récupérer la fameuse molécule (qui coûte la peau du cul au marché noir) que le gentil pharmacien a mis de côté pour ses patients chroniques. On ne remercie pas le ou la généraliste qui a voulu s'autoprescrire 3 boîtes. 
Puis formation de prélèvement sur patient malade dans un hôpital périphérique. 
Cette histoire de masques me navre. J'attends d'abord qu'on m'explique en quoi ceux de 2009 pourraient périmés. Mis à part l'élastique qui casse plus vite, un masque conservé à l'abri de l'eau et de l'air est toujours peu perméable à cette nouvelle saleté. Et c'est que j'ai vu beaucoup de mauvaises manipulations. Cela fait plus de 20 ans que j'en porte au travail. Et le voir sur la bouche, et pas sur le nez, mal collé, déplacé à tout bout de champ, me navre. J'ai arrêté de faire la police. On finit par me prendre pour un vieux. 
Enfin, course alimentaire, nécessaire depuis une semaine, on n'avions pas succombé à la frénésie pré-confinement. Mon caddie était plein au désespoir de la pauvre caissière qui me semblait très inquiète de son risque d'exposition à la maladie. S'il est clair qu'on a toujours de quoi manger, les rayons dont le frais subissent des aérations fort perturbantes. Le savon liquide est vide mis à part la marque locale... Les yaourts brassés n'existent plus que par leurs étiquettes de prix. Le moment de la caisse fut longue. Pas seulement par les mesures de distanciation sociale, mais surtout par le papy qui avait mangé une banane. L'ayant laissé dans le sachet, il avait oublié de peser et de coller l'étiquette. Vieux, fatigué et dépassé, lui et sa femme ne voulaient pas retourner peser le sachet (moins la banane manquante). Il fallait l'intervention de l'agent de sécurité bien emmerdé par cette peau de banane. C'est l'intervention du responsable du rayon qui réglera le problème et le bouchon derrière moi. Il allait peser le sachet de bananes moins une.
Voir les mesures mis en place dans la grande surface et l'agitation autour d'une banane est cocasse. 
Retour à la maison. Zéro contrôle. No limite pour les excès de vitesse. 

dimanche 22 mars 2020

Poulet roti - J5

Ce blog va devenir une liste de course.

Pas de poulet ce midi. Le boucher m'excusera. On n'a pas bougé.
Je peux faire plus court que Annie

Sinon j'en reste là. Les pseudo-spécialistes sur les réseaux sont devenus des procureurs. J'ai même vu un apprenti-facho se croire en résistance. Les cons.

samedi 21 mars 2020

initiatives - J4

Domestique :
Rien, mis à part avoir réchauffé le hachis de la veille. On entraîne la famille dans les rations de survie en cuisinant les restes. J'ai essayé un hachis avec une couche de épinards. Cela n'a pas étouffé Melle C, mais elle n'est pas convaincu non plus. La compétition avec sa maman commence. 
Les filtres du spa sont arrivés. Mais le soleil a de nouveau disparu.

Travail :
Les nouvelles sont moins bonnes. La vague monte. On commence à voir des malades et surtout beaucoup de suspicions. Avant de gueuler sur les parisiens venus dans leur maison secondaire, il faut savoir que le breton est un grand voyageur qui aime rentrer à la maison par grand temps. 
Après avoir reçu un mail de réserve sanitaire, nous avons trop nombreux à vouloir nous connecter. Le site s'est effondré sous les demandes. On doit être à nouveau recontacté.
Heureusement le réseau s'est mis en marche. Il est possible que je sorte donner un coup de main dès lundi. 

Solidarité :
Les élections municipales m'a permis de connaître de chouettes personnes. Un entrepreneur cherche à développer un respirateur à partir d'outils qu'il fabrique avec ses équipes. Les ingénieurs sont sur le pont. Quelques coups de fils pour dénouer quelques freins. On verra si on ne s'y prend pas trop tard. Quoiqu'il arrive, on ressent partout le besoin de sentir utile.

Demain c'est dimanche. La principale activité est de se faire à manger.

vendredi 20 mars 2020

Le temps-J2

J'ai traîné au lit ce matin. Mal dormi, pas d'envie, je savais que la journée ne serait pas top.
Ayant commencé des petits pains à apéro la veille, il fallait finir la poussée et la cuisson. Ça sentait tellement bon que j'en ai dévoré un à la sortie du four. Pour ce soir, je teste un hachis avec les restes d'hier. 
Tout ceci est totalement inintéressant. 
Les nouvelles du travail ne sont pas bonnes. On sait que ce n'est pas un tsunami qui arrive. Mais la vague est de plus en plus forte. 
On a un premier appel à l'aide de commerçants sans aide, sans ressources. La solidarité s'organise à distance. 
Tout le monde à l'air de s'accorder que le confinement va durer un mois au moins. 
Ce soir, j'ai mal au crâne. Je sommatise. 

jeudi 19 mars 2020

première sortie - J2

J'ai attendu la fin de la matinée. Un sms plus tard, j'avais un détour chez mes parents pour une liste de course. Au rond-point du LIDL, il fallait se faire contrôler. Une voiture était sûrement en train de se faire verbaliser. Peu de clients dans la grande surface. Un bonjour de loin à deux connaissances, nom caddie est prêt pour la caisse. 
La caissière me raconte masque posé sur la bouche mais pas sur le nez que les articles de jardinerie se vendent très bien. Elle ne suivra pas mon conseil mais sera bien contente que je sois son dernier client.
La vendeuse de galettes attend aussi le client, catastrophé par l'absence de client. Demain étant vendredi, elle espère que les habitudes reviendront. J'en doute.
A la sortie, mon futur ancien collègue de conseil parle fort chez le poissonnier. Il ne voudra pas de ne pas rester l'attendre. 
L'ambiance est très curieuse, pas stressante. Mais chacun a l'air de prendre la mesure de la gravité. En sortant je me rends compte que je n'ai aucune solution hydro-alcoolique. Faudra penser à récupérer au moins un flacon.

De retour, l'envie de démarrer un nouveau chantier s'est évanouie. Je décide de tondre pour la seconde fois en 5 jours comme plusieurs de mes voisins. Melle C se gausse. Ma pelouse y survivra-t-elle ? Mon désherbeur mécanique acheté la peau du Q me lâche à la moitié du terrain. "Vu à la télé" ne dure pas plus de 2 ans. 

J'entends une camionnette de livraison. Que vais-je trouver fissa comme cadeau pour le 29 ?


mercredi 18 mars 2020

Il ne faudrait pas oublier le #H1N1

Puisqu'on me le demande, je vais finir par rappeler quelques évidences.

Cette crise n'a pas été préparée. Et pourtant ce n'est pas la première fois que nous parlons de pandémie. Comme Internet et mon blog Sistraer ont de la mémoire, j'ai relu quelques lignes de l'époque.

La grippe A (H1N1) allait nous frapper et nous anéantir. Le gouvernement de l'époque et Roselyne Bachelot avaient sorti la grosse artillerie. Même les infirmiers en interim (comme moi à cette époque) reçurent des kits de masques. Ce sont en partie ceux-là qui ressortent car non utilisées à l'époque.
(Au fait, arrêtez de dire qu'ils sont périmés )

Et puis il y eut la grande campagne de vaccination. Un flop magistral. Le vaccin développé en un temps record fut disponible partout en France. Mais les vaccinés furent peu nombreux.

Et pourtant les annonces de la catastrophe étaient fortes. On comptait les équipements d'assistance respiratoire et le nombre de circulation extracorporelle disponible. Il faut dire que le H1N1 aimait plutôt les gens déjà bien affaiblis. Et comme c'était ma principale patientelle (avec les greffés pulmonaires), j'avais choisi de faire vacciner l'ensemble de la famille. Pas question d'importer la maladie à l'hôpital. Nous fument bien les seuls.

Que l'ensemble des gouvernants de notre époque ait sous-estimé la pandémie actuelle est apparemment une évidente. Mais apprend-on vraiment de nos erreurs. Je n'ose imaginer ce qu'il se passerait si nous devions vacciner en urgence l'ensemble de la population. A l'époque, les soignants furent les premiers à être négligeant devant le risque. Alors que les mêmes évitent donc de donner des leçons.

Après demain il y a des kits de protection, qui périmeront d'ici la prochaine crise. L'homme oublie bien vite.